On vous emmène... A Carnoux-en-Provence qui fête ses 60 ans !

Dernière-née des Bouches-du-Rhône, la commune de Carnoux-en-Provence n’aurait jamais dû exister. Créée par des rapatriés d’Afrique du Nord, elle a su cultiver cette double identité issue des deux rives de la Méditerranée, que l’on retrouve encore aujourd’hui. Histoire, témoignages, balades, redécouvrez Carnoux-en-Provence à l'occasion de ses 60 ans !

Il était une fois... Carnoux-en-Provence

C’est une ville que l’on traverse, avec une artère centrale qui fait la liaison entre l’autoroute A50 et Cassis. Et pourtant, à y regarder de plus près, Carnoux-en-Provence a une histoire atypique, unique, qui remonte 60 ans en arrière. Ce 26 août 1966, le premier ministre Georges Pompidou acte la création de cette ville nouvelle qui n’était alors qu’un lieu-dit, rattachée pour moitié à Aubagne et pour moitié à Roquefort-la-Bédoule.

Prophète en son pays

C’est l’aboutissement d’un projet fou imaginé par Émilien Prophète, entrepreneur de Casablanca, qui en 1952 anticipe la fin du protectorat français du Maroc. Avec 4 acolytes, ils décident de racheter La Crémaillère (voir encadré), une propriété de 300 hectares au coeur de la Provence, afin d’accueillir les rapatriés du Maroc. Sans eau ni électricité, ils entament un chantier titanesque pour s’installer sur leur nouvelle terre d’asile. Rapidement, des maisons à toits plats et des services publics font leur apparition.

La Crémaillère, là où tout a commencé...

La bâtisse située au cœur du projet a eu plusieurs vies. D’abord demeure seigneuriale, elle est transformée en relais de poste, avant de devenir la propriété de l’architecte Tony Garnier. Sa veuve va la vendre avec les terres alentours aux pères fondateurs qui y installeront leurs bureaux. Après avoir été un hôtel, elle est aujourd’hui un restaurant et sera prochainement rénovée.

Une double identité

De 261 habitants en 1961, la ville en compte plus de 2 500 en 1963, avec les rapatriés d’Algérie et de Tunisie, venus trouver dans cette enclave provençale comme le souvenir de leur terre perdue. Et la volonté de s’ancrer dans l’identité locale. Cette double appartenance se retrouve dans le blason qui associe le rameau d’olivier à la branche de palmier, et les 3 croissants (Maroc, Tunisie, Algérie) à la fleur de Lys de la Provence. 

Au fil de leur histoire, les Carnussiens vont faire de leur nouvel Eden le symbole d’une renaissance. Au point de devenir jusqu’en 1983, le seul endroit en France où l’on peut venir se faire inhumer avec un simple titre de rapatriement, sans même avoir habité la commune. Avec comme épitaphe “Repose en terre natale”. 

Si aujourd’hui la population a changé, l’identité de la ville est elle bien restée ancrée dans cette double culture.

Il était une fois Carnoux-en-Provence avec Nicolas Bouland, maire de la ville

Carnoux-en-Provence : 60 ans d'une aventure humaine unique

À l'occasion des 60 ans de Carnoux-en-Provence, découvrez une série de témoignages retraçant l'histoire singulière de la plus jeune commune des Bouches-du-Rhône, la 119ème du département, officiellement née le 26 août 1966 de la volonté de familles rapatriées d'Afrique du Nord. Élus, habitants engagés dans le secteur associatif de la ville partagent leurs souvenirs, leur attachement à la ville et les valeurs d'accueil, de mémoire et de transmission qui forgent plus que jamais aujourd’hui son identité.

"La naissance de la commune" par Nicolas Bouland, Maire de Carnoux-en-Provence

Dans cet entretien, Nicolas Bouland, maire de Carnoux-en-Provence, revient sur la création de la ville le 26 août 1966. Née de la volonté de familles rapatriées d'Afrique du Nord de construire un nouveau lieu de vie, Carnoux-en-Provence constitue une aventure humaine unique en France dont l'héritage continue de marquer la commune.

"Carnoux, une terre d'accueil" par Nicolas Bouland, Maire de Carnoux-en-Provence

Dans cet entretien, Nicolas Bouland, successeur de Jean-Pierre Giorgi à la tête de Carnoux-en-Provence, évoque l’attachement de sa commune à ses valeurs d’accueil et d’ouverture. Il met aussi en avant l’accompagnement constant du Département des Bouches-du-Rhône et de sa présidente, Martine Vassal, pour concrétiser de nombreux projets locaux.

"Mon arrivée du Maroc" par Marlène Prévost, ancienne adjointe au maire déléguée à l'Urbanisme

Arrivée du Maroc avec sa famille alors qu'elle était encore jeune, Marlène Prévost se souvient des premières années passées à Carnoux-en-Provence. Elle raconte les conditions de vie parfois difficiles des débuts, l'installation des rapatriés et l'émergence progressive d'une commune construite par la volonté et la solidarité de ses habitants.

"Mon rôle d'adjointe à l'urbanisme" par Marlène Prévost, ancienne adjointe au maire déléguée à l'Urbanisme

Ancienne adjointe au maire déléguée à l'Urbanisme, Marlène Prévost revient sur l'évolution de Carnoux-en-Provence au fil des décennies. À travers son regard, elle évoque le développement de la commune, les choix d'aménagement qui ont façonné son visage actuel et la volonté constante de préserver son cadre de vie.

"Mon grand-père s'est installé aux débuts de la commune" par Claude Maiotti, Carnusien

Claude Maiotti porte un regard particulièrement personnel sur l'histoire de Carnoux. Son grand-père avait choisi de s'y installer dès les premières années de la commune. À travers ses souvenirs familiaux, il raconte l'attachement de plusieurs générations à cette ville née d'un projet collectif et humain hors du commun.

Entretien avec Christian Fenech, président de l'association « Racines pieds-noirs »

Président de l'association « Racines pieds-noirs », basée à Carnoux-en-Provence, Christian Fenech revient sur la mémoire des premières familles rapatriées d'Afrique du Nord qui ont participé à la création de la commune, notamment celles venues du Maroc, comme la sienne. Il évoque l'importance de transmettre cette histoire, de témoigner du déchirement vécu par de nombreuses familles contraintes de quitter leur terre natale, mais aussi de faire vivre cet héritage et de préserver aujourd'hui les liens entre les générations.

En vadrouille...

Sur le plateau de Languilard

À l’Est de Marseille et du massif de Saint-Cyr, s’étirant le long d’un profond vallon, Carnoux-en-Provence offre de jolies balades, sans difficulté particulière, dans les collines boisées qui l’entourent. 

L’une d’elles mène au plateau de Languilard, qui domine la ville au nord.

Du centre-ville, un sentier balisé en jaune monte dans la pinède jusqu’à une petite tour en pierre, la cheminée d’aération du tunnel ferroviaire du Mussuguet, qui marque le point de jonction de l’aller et du retour de cette randonnée. Rapidement se dévoilera un superbe panorama, sur le Mont de Carpiagne, la Grande Étoile, Sainte-Victoire au loin, Aubagne-en-Provence et le Garlaban.

Petit chemin rocailleux, sentier qui serpente à flanc de colline ou piste en terre… L’itinéraire rejoint le chemin de Carpiagne et le GR2013 pour suivre les panneaux indicatifs du Département jusqu’à la table d’orientation sur le plateau de Languilard, et, plus loin, la vigie de Fenestrelles à 376 m d’altitude. Un véritable belvédère sur la rade de Marseille et ses îles, de la Chaîne de la Nerthe jusqu’aux contreforts de la Sainte-Baume.

11 km - 4 h - Niveau moyen - Balisage jaune
Itinéraire complet sur myprovence.fr

Des collines vue mer

On peut opter pour une balade un peu plus longue de quelques kilomètres, au départ de l’église Notre-Dame d’Afrique - balisage jaune - qui suit une partie du sentier botanique jalonné de petits panneaux d’identification des différentes essences, avant de traverser le sud de la commune. Elle emprunte ensuite le chemin des Cyprès - bleu - qui chemine sur le plateau Languilard.

De la vigie, l’itinéraire se poursuit vers le sud, jusqu’à la crête du Mont Fleuri et sa croix haute de 15 mètres qui domine la ville. Tournée vers Sidi Ferruch, en Algérie, elle accueillait, chaque 15 août lors des fêtes de l’Assomption, la statue de la vierge noire portée en procession.

De là, la vue porte sur la baie de Cassis et ses falaises, la Couronne de Charlemagne, le cap Canaille et le Mont-Puget, sommet des Calanques.

14 km - 4h - Facile - Balisage jaune et bleu
Itinéraire complet sur myprovence.fr

En vidéo, partez en vadrouille à Carnoux-en-Provence !

À l'occasion des 60 ans de la commune, partez à la découverte de Carnoux-en-Provence, de son histoire et de ses lieux emblématiques !

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