On a tchatché avec… Levon Khozian, vainqueur de “The Voice”

Tout a basculé pour le chanteur-danseur marseillais d’origine arménienne depuis sa victoire dans l’émission “The Voice” en mai 2025. Actuellement en tournée avec son trio “Il Cello” pour assurer la première partie des concerts de Florent Pagny, il nous raconte sa nouvelle vie.

Levon, quelle est votre actualité estivale ?

Depuis janvier, nous faisons toutes les premières parties de Florent Pagny, avec 110 dates en France et en Belgique, dont 20 concerts à l’Olympia. Nous sommes en train de monter la tournée de notre trio pour 2027. Nous allons sortir une réédition de notre album avec de nouveaux titres pour la rentrée. C’est super, on est motivés !

Le 23 mai dernier, vous avez participé au grand concert corse “Mezu-Mezu” au stade Vélodrome, l’émotion a dû être immense ?

La première fois que j’ai mis les pieds au Vélodrome, j’étais en CP pour un spectacle de fin d’année ! J’avais dansé sur la pelouse et, depuis, j’y vais pour supporter l’OM. Alors se produire devant 55 000 personnes, chez moi, devant ma famille, mes amis, c’était fou ! On a chanté avec Patrick Fiori et Florent Pagny. J’ai accompagné Francis Cabrel en jouant du doudouk (hautbois arménien) sur “Petite Marie” en corse. Et Patrick sur le chant traditionnel arménien, le “Dele Yaman” . J’étais sur un petit nuage. C’est dur de redescendre sur terre après.

Comment se passe votre aventure avec le groupe “Il Cello” ?

Depuis notre victoire dans l’équipe de Florent Pagny à “The Voice”, nous avons sorti notre premier album. Il propose des duos incroyables avec Florent, Patrick, Roberto Alagna, Lara Fabian… Nous en sommes très fiers. On a vécu tellement de belles choses en un an.
On a la chance, aussi, que Florent nous ait pris sous son aile. C’est incroyable de se produire avec lui, chaque soir, devant 7 000 à 10 000 personnes. Sur nos 40 premières dates, au moment où je vous parle, nous avons vécu 40 standing ovations, avec des centaines de personnes qui nous attendent après chaque concert pour signer des autographes, échanger avec nous. Il se passe quelque chose, et je vis cela à fond !

Racontez-nous votre jeunesse à Marseille, notamment dans le milieu associatif arménien ?

Avec la JAF (Jeunesse arménienne de France), j’ai participé à des spectacles sur scène depuis l’âge de 4 ans. J’ai joué de la flûte, puis du doudouk. Ma fonction à la présidence de la JAF m’a appris à prendre la parole en public. Depuis tout petit, je suis passionné par la scène. Je m’y sens bien. Vous savez, je ne crois pas au hasard, c’est grâce à tout ça que j’en suis là aujourd’hui.

Comment parler au plus grand nombre de vos doubles racines : marseillaises et arméniennes ?

J’ai grandi à Marseille et j’y vis encore. On a toujours parlé arménien à la maison. Depuis tout jeune, j’essaie d’être un ambassadeur de cette double culture : arménienne et marseillaise. Cette mission m’a toujours porté. La culture arménienne, plusieurs fois millénaire, est très riche, mais reste toujours méconnue. J’ai envie de la faire découvrir. Aujourd’hui, je suis cet homme-là. J’avance ainsi.

Son enfance bénie chez sa grand-mère

Je l’ai passée à Corbières, du côté de l’Estaque. Je restais tous les étés chez ma grand-mère, car je suis un enfant des quartiers Nord. J’ai grandi dans le quartier des Borels, au Vallon des Tuves, où passe le grand viaduc que l’on peut voir depuis l’autoroute. Et j’aime toujours autant y retourner pour voir ma grand-mère. Elle me cuisine des petits plats arméniens. J’adore manger en tête-à-tête avec elle. Je profite qu’elle soit toujours avec moi, avec nous. Et dans ces moments-là, j’oublie tout !