Les grottes de Calès ou le passé restauré

Après 7 ans de travaux, le site de Calès, à Lamanon, est de nouveau accessible au public. Pour celui qui ne l’a jamais visité, ce retour dans un passé pas si lointain est un voyage hors du temps. Ici, chaque pierre est une histoire façonnée par la main de l’homme et patinée par la nature.

À première vue, on pourrait croire à des habitations datant du néolithique. D’ailleurs, les premières traces d’habitat remonteraient à - 3 500 ans. Et pourtant, dans cette forêt archéologique de Lamanon, à l’ambiance presque mystique, les cavités troglodytes du cirque de Calès ont été bâties au 12e siècle, plus précisément lors de la construction du château médiéval.

Des habitats modernes

Pour asseoir leur pouvoir et se prémunir d’attaques militaires, les seigneurs firent bâtir un château en utilisant les solides roches présentes sur le site. C’est en extrayant les blocs que les carriers créèrent des cavités propices à l’habitat, donnant naissance à un bourg castral. Tout fut aménagé pour en faire des habitations modernes : réalisation de seuils d’entrées, rigoles au sol pour évacuer l'eau, et utilisation de niches pour y ranger notamment la vaisselle. À l’extérieur, des trous de boulin permettaient d’accueillir des poutres en bois afin d’y construire une avancée abritée.

Les feux, la déclaration d’impôts de l’époque

Le hameau troglodyte comptera jusqu’à 200 âmes qui, déjà, étaient soumises au paiement de l’impôt, selon une méthode de calcul assez…originale. Les agents du fisc de l’époque comptaient les feux présents sur le site, et divisaient le montant global exigé par le suzerain par le nombre de familles.

Par la suite, le village sera petit à petit déserté par les paysans les seigneurs les encourageant à descendre vers les champs pour travailler la terre, s’exonérant ainsi du paiement de l’impôt dû au roi au titre des terres roturières !

Signes astrologiques

Si le château a été détruit sur ordre du roi de France Henri III au 15e siècle, la porte sud-est et le rempart se dressent encore comme les derniers témoignages de l’édifice. Tout comme les nombreux vestiges que l’on peut admirer grâce à un parcours pédagogique, permettant de découvrir tour à tour l’ingénieux système de caniveaux récupérateurs d’eau, des cuves de décantation, un grenier communautaire, des silos de stockage, une ancienne cuisine du château, des dessins gravés dans un bloc rocheux représentant des signes astrologiques, le cercle solaire et même une figure géométrique.

Inscrit aux monuments naturels

Ce site d’exception dont la conservation est un véritable témoignage à ciel ouvert, a été visité l’an dernier par près de 40 000 visiteurs, séduits sans doute par ce mélange d’histoire dans un environnement naturel.

Depuis 1918, les grottes de Calès sont classées parmi les sites et monuments naturels de caractère artistique.

La résurrection de l'église romane

Laissée à l’abandon depuis des années, l’église romane de Saint-Denis de Calès érigée au 12e siècle, a été restaurée grâce à la volonté d’habitants passionnés, réunis dans l’association Calès Saint-Denis. Des sépultures et de nombreux artefacts ont été découverts, comme du mobilier en céramique et métallique.

À l’origine, l’église Saint-Denis construite en même temps que le château, était le lieu de culte des habitants. La migration des paroissiens vers le bas du village et la construction d’une nouvelle église ont entrainé la désertification de ce lieu de culte, aujourd’hui entièrement rénové.

7 ans de restauration

À la suite de différents éboulements, il a été décidé d’entreprendre de très gros travaux sur l’ensemble du site. Consolidation de certaines grottes, sécurisation des parois rocheuses, héliportage d’éléments de soutènement, aménagement d’un parcours pédagogique pour améliorer l’orientation et la sécurité des visiteurs : il aura fallu 7 ans de chantier (et de fermeture) pour permettre à nouveau l’accès à ce site d’exception.

Le Département a financé la sauvegarde du site pour plus de 330 000 euros.