Saint-Trophime, les pierres ont un langage

À chaque numéro, nous vous emmenons découvrir les trésors de notre département à travers ses territoires. Culture, balades, curiosités, visites, découvertes, chaque lieu est un trésor de surprises qu’il faut prendre le temps de découvrir. Aujourd’hui, direction le Pays d’Arles, terre de culture camarguaise, mais aussi chargée de son histoire romaine et religieuse.

Situé en plein cœur d’Arles, Saint-Trophime est un ensemble religieux dont la conservation exceptionnelle en fait un des plus importants édifices du roman provençal.

Si la Basilique primatiale et le cloître témoignent de la dévotion et de la vie religieuse au XIIe siècle, c’est surtout le portail d’entrée qui offre la plus spectaculaire scène biblique de l’époque.

Il suffit de se mettre face à l’entrée de la cathédrale Saint-Trophime, pour que le regard se perde dans les détails du portail d’entrée. Construit au 12e siècle avec le bâtiment principal, c’est un chef d’œuvre de la sculpture romane européenne, tant par sa qualité artistique que par son message théologique.

Un véritable livre ouvert qui s’offre à vous, avec le Christ en majesté, flanqué des 4 évangélistes et des 12 apôtres. L’enfer et le paradis ne sont jamais loin, alors qu’à droite les scènes de la création nous font découvrir Adam et Ève, ainsi que des scènes de la bible.

Le diable en embuscade

Il faut dire qu’au 12e siècle, le portail servait de support à l’enseignement de la Bible, comme une grande catéchèse à livre ouvert. En cherchant bien, on peut y trouver des détails ou des figures étonnantes, comme ces trois têtes de chevaux symbolisant la Camargue, mais aussi un diable aux allures inquiétantes. Un travail de taille de pierre remarquable, réalisé par des orfèvres de la sculpture, que l’on peut encore admirer de nos jours.

Le cloître aux ornements

Si la basilique fut longtemps une église à reliques sur la route de Compostelle, la découverte du cloître* attenant est un voyage spirituel et visuel. Cet ancien lieu de villégiature de chanoines surprend par la qualité de ses chapiteaux et de ses voûtes, la précision de ses détails et la quiétude de ses allées. Une visite qui se poursuit avec la découverte d’autres lieux, comme les dortoirs, vestiges de la vie quotidienne de l’époque.

Illuminés par le soleil, ces édifices nous éclairent un peu plus sur l’importance du religieux dans la vie quotidienne, il y a plus de 800 ans.

 

*L’entrée du cloître est payante

Rénover pour préserver

Afin de préserver la qualité des sculptures et des ornements, des travaux de rénovation et d’entretien sont régulièrement entrepris. Le portail et le cloître ont été entièrement nettoyés grâce à des procédés performants. Des travaux réalisés par des ouvriers spécialisés, aussi qualifiés que les bâtisseurs d’autrefois. Un chantier assuré par la Ville et financé à hauteur de 33 % par le Département.