Callelongue-Marseilleveyre : Le sémaphore du bout du monde

À l’extrême Est de Marseille, une petite balade sur le GR98-51, entre blanc calcaire et bleu mer, pour un superbe panorama sur le littoral.

Un kilomètre après le village des Goudes, la route s’arrête à Callelongue, le “bout du monde” des Marseillais (terminus de la route et de la ligne 20).

Au pied du massif de Marseilleveyre, dans le 8e arrondissement, cette étroite calanque sans plage abrite un ancien petit port de pêche et ses quelques cabanons.

Dans un dernier virage avant d’y arriver, on trouve une table d’orientation et une vue à 180° sur la grande Bleue. En se penchant, on aperçoit en-dessous, rongées par la rouille, de grandes roues métalliques, pièces rescapées du mécanisme du téléscaphe.

Sur le sentier des douaniers

Ici, l’agitation de la ville laisse place à la quiétude d’un paysage aride et sauvage, celui du Parc national des Calanques, premier Parc en Europe à la fois terrestre, marin, insulaire et périurbain. De par sa position stratégique, ce territoire protégé recèle un important patrimoine bâti qui s’étend du Moyen-Âge à la Seconde Guerre mondiale, principalement des ouvrages de défense qui jalonnent le littoral : forts, fortins,
batteries, sémaphores, bunkers et autres blockhaus. De Callelongue, plusieurs sentiers balisés guident les randonneurs à la découverte du Parc, vers l'intérieur, dans ses massifs, ou le long du littoral.

En face de La Grotte, restaurant bien connu des Marseillais, démarre le GR 98-51. Véritable balcon sur la mer, il relie sur 21 km, jusqu’à Cassis, l’ensemble des Calanques - une vingtaine au total ! - qui forment le cœur maritime du Parc. Balisé en blanc et rouge, cet ancien sentier des Douaniers est sans difficulté majeure.

Du Bec de l’Aigle à la Côte bleue

Très tôt, un panneau signale “Sémaphore de Callelongue”, balisage jaune. On l’atteint en une vingtaine de minutes par un chemin pentu (100 m de dénivelé) qui vient d’être restauré.

Après avoir profité de la magnifique vue sur les îles Plane, Riou, Jarre, Grand et Petit Congloué, mais aussi sur le Bec de l’Aigle d’un côté, les Goudes, le Frioul et la Côte bleue de l’autre, on redescend pour récupérer le GR. On passe sous le sémaphore et on poursuit jusqu’à la petite calanque de la Mounine et l’îlot éponyme, à quelques mètres du rivage, petit bout de rocher affleurant la surface et véritable écueil également nommé l'Estéou de Bocque (l'écueil du bouc).

Face à l’archipel de Riou

On arrive ensuite à la calanque de Marseilleveyre, avec sa “grande” plage et sa dizaine de cabanons sans eau ni électricité, uniquement accessible à pied ou en bateau.

Blottie au pied du massif dont elle porte le nom, elle abritait au 19e siècle une carrière de sable.

Les plus courageux pourront poursuivre sur le sentier vert, par le Plan des Cailles et le Grand Malvallon, vers le sommet du massif de Marseilleveyre, jusqu’à croiser l’itinéraire jaune qui redescend vers le sémaphore. Face à l’archipel de Riou, les autres pourront se rafraîchir, voire déguster les fameux spaghettis à la bolognaise de Chez le Belge qui officie depuis plus de 30 ans dans la calanque, avant de reprendre le chemin en sens inverse pour rentrer.

Un téléphérique sous la mer

Contraction des mots “téléphérique” et “bathyscaphe”, le téléscaphe fut inauguré en 1967. Situé à l’entrée de la calanque de callelongue, ce téléphérique sous-marin “made in Marseille” unique en son genre permettait à ses passagers une traversée au sec, à dix mètres sous la surface de l’eau, jusqu’au pied du cap Croisette, aller-retour.

Mais ses coûts d’exploitation et d’entretien étaient trop élevés, et il fut fermé l’année suivante.

Le sémaphore hier...

Perché à 109 mètres d’altitude, le sémaphore de Callelongue fut mis en service en 1863 sous Napoléon III, en remplacement de la vigie de Marseilleveyre (16e s.), pour surveiller l’est de la rade de Marseille et communiquer sur de longues distances avec les navires et les autres sémaphores. Inventé au 19e siècle par les frères Chappe, ce système composé de quatre bras articulés fixés sur un mât d’une douzaine de mètres permettait de former plus de 1 800 positions correspondant à autant de messages. En 1939, il fut équipé de deux canons mais fut pris par les Allemands et intégré dans le Südwall, le fameux « mur de la Méditerranée » censé prévenir le débarquement des Alliés en Provence.

... et aujourd’hui

Le Parc national des Calanques, devenu gestionnaire du site, a entrepris le réaménagement du sentier qui y conduit, avec le soutien financier du Département. Éboulis, racines d’arbres, rochers glissants... Dangereux pour les randonneurs, il était aussi une menace pour les espèces protégées du Parc du fait de l’existence de chemins annexes tracés par le passage des visiteurs.
Des accès ont donc été fermés et renaturés, le sentier principal bien délimité, avec des murets confortés et des roches travaillées pour retrouver leur accroche naturelle.
Quant au bâtiment, en cours de rénovation, il est destiné à devenir un lieu d’information et de sensibilisation du public.

Plus d'informations

  • Durée : 2h aller-retour + la montée au sémaphore (20 mn)
  • Niveau : Facile - Chaussures de randonnée conseillées pour passages escarpés et rochers glissants.
  • Y aller : Privilégiez le bus ! Du Rond-Point du Prado, prendre la ligne 19 jusqu’à la Madrague de Montredon, puis la 20 jusqu’au terminus. Privilégiez aussi l’intersaison, le GR est très fréquenté en été (40 000 visiteurs mensuels en haute saison) et dépourvu d’ombre.
  • Application : "Mes Calanques" est l’appli indispensable du Parc national des Calanques pour se géolocaliser, consulter les cartes et conditions d’accès en temps réel, découvrir faune, flore et patrimoine. Elle informe sur la réglementation des activités et permet aussi de signaler des observations ou des anomalies.